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01/2012 : Accusé de harcèlement sexuel, le policier municipal relaxé

REIMS (Marne). L’ancien chef de service de la police municipale de Reims, qui était accusé de harcèlement sexuel par deux employées, a comparu hier devant le tribunal correctionnel. Coup de théâtre au délibéré : il est relaxé.

LE jugement est tombé tard hier soir, quelques minutes avant les douze coups de minuit. L’heure de la délivrance pour Fabrice Lamy, ce chef de la police municipale de Reims accusé d’« agressions sexuelles » et de « harcèlement pour obtention de faveur sexuelle » par deux employées stagiaires de son service (l’union des 29 janvier 2010 et 15 septembre 2011). « Je n’ai jamais commis ces actes. Je n’ai jamais harcelé », a-t-il martelé à la barre. Il a été entendu. Le tribunal correctionnel l’a relaxé, après trois années de procédure et contre l’avis du parquet qui avait réclamé neuf mois de prison avec sursis (un appel de celui-ci reste possible).

« Bisous » et « mains aux fesses »

Agé de 45 ans, Fabrice Lamy était responsable du « centre de supervision urbain », le service qui gère les caméras de surveillance. Il avait autorité sur dix agents. Ses ennuis ont commencé en décembre 2008, lorsque les deux jeunes stagiaires embauchées en période d’essai contactent le syndicat FO pour dénoncer des gestes et propos inconvenants. La maire de Reims est alertée, Fabrice Lamy mis à l’écart et frappé d’un arrêté d’exclusion de six mois en juillet 2009. Le procureur n’est saisi des faits que quelques semaines plus tard, par un courrier du premier adjoint. Lors de l’enquête de police, les deux plaignantes vont décrire toute une série d’agissements à connotation sexuelle : stylo glissé dans les décolletés, « bisous dans le cou », « mains aux fesses »… D’après leurs déclarations, il les appelait « ma chatte » ou « ma cocotte », se frottait contre elles, tripotait leur badge au niveau de la poitrine ou se touchait le sexe par-dessus le pantalon en les regardant. En revanche, elles n’ont jamais fait état d’une demande de faveur sexuelle. Huit témoignages plus anciens ont été recueillis. Eux aussi évoquent des gestes déplacés et décrivent un « petit chef » aux propos humiliants : « stagiaires coucouilles », « opérateurs de merde », « Je suis le chef ! Vous allez manger ! »

Accusatrice accusée

Pour Fabrice Lamy, tout n’est que mensonges ou exagérations. « Par le passé, j’ai eu 40 personnes sous mes ordres. J’étais exigeant, rigoureux dans mon travail. » Il réprimandait si nécessaire, de quoi se faire de nombreux ennemis, suggère-t-il. Par exemple au sein de FO, un syndicat qui aurait mené la charge contre lui, accuse l’avocate du policier. Aux huit témoignages défavorables recueillis lors de l’enquête - des ragots de « copines de couloirs » -, elle oppose les attestations d’une quarantaine d’agents qui n’ont rien ramarqué d’anormal, avant de s’en prendre à l’une des plaignantes qui a reconnu des « propos légers » sur son lieu de travail. Morceaux choisis cités par l’avocate : « ’’Pour Noël, j’aimerais bien commander un homme’’, ou bien : ’’Il y a longtemps que je n’ai pas fait djobi djoba’’. Un jour, elle a même touché les fesses de mon client avec ce commentaire : ’’Le chef a les fesses bien fermes’’. » Autre anecdote rapportée par Fabrice Lamy : « J’étais assis à mon fauteuil. Elle est arrivée derrière moi et m’a fait un massage dans le dos. » « Le chef en avait besoin », a expliqué la stagiaire, « car il était fatigué ». La défense en tire la conclusion que le policier aurait été victime de « femmes revanchardes » et d’un syndicat zélé qui voulaient le « faire tomber » pour se venger de son autorité. Fabrice Lamy a été réintégré après sa période d’exclusion. Il est toujours à la mairie, relégué au service des sports, où il s’occupe de gestion administrative. « Cette affaire m’a brisé. » Si la relaxe d’hier soir devient définitive, il a toute latitude pour poursuivre les deux plaignantes en dénonciation calomnieuse.

Voir en ligne : Source : L’Union.presse.fr

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