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03/2012 : Harcèlement sexuel : un témoignage pour briser le mur du silence

Malgré le temps qui passe, il y a certaines cicatrices qui ne se referment jamais totalement.

Les faits datent déjà d’un an. Mais lorsque Magalie (le prénom a été modifié) raconte cette histoire, la boule dans la gorge n’a pas totalement disparu.

« C’est une des premières fois où j’arrive à en parler sans pleurer » dit-elle après avoir déroulé le fil des évènements depuis le début.

C’est en formation pour devenir « agent polyvalent de restauration collective » (dans une des principales structures de formation du département de l’Ariège) que Magali croise la route d’un formateur cuisinier, qui lui fera vivre à elle (ainsi qu’à d’autres femmes présentes dans cette même formation) un véritable enfer.

« Il touchait les filles » raconte la jeune femme, « il les mettait sur ses genoux, sur son sexe. Il y avait tous le temps deux ou trois filles sur lui à la fin des repas »

Dans ces moments, certaines femmes ne disent pas non. Des hommes, qui assistent à ces scènes, n’interviennent pas.

Quant à celles qui n’acceptent pas ces traitements, le formateur ne fait pas dans la dentelle.

« Les pintades », les « putes », ou bien « bande de pétasses », c’est ainsi qu’il apostrophe les femmes au quotidien, « il se permettait tout, même d’uriner devant nous »

Sur plusieurs filles, le formateur complètement obsédé a évidemment les mains baladeuses.

Sans se priver de menaces ou même de chantage, « un jour il a pris une femme à part dans la cuisine. Et elle lui a dit non. Alors il lui a dit qu’elle n’aurait pas droit à ce travail dont il lui avait parlé... »

Dans les témoignages de plusieurs victimes que nous nous sommes procurés, on retrouve un florilège de phrases édifiantes, « t’as un beau p’tit cul », « avec la paire de nichons que t’as, t’as pas encore chopé ? » ou encore « t’inquiètes pas, je vais t’en trouver une paire de couilles »

Quand certaines femmes commencent à réagir, « on m’a répondu qu’il ne fallait pas chercher d’embrouilles, qu’on cherchait les ennuis. Certains nous ont expliqué que c’était juste l’instinct masculin »

Des arguments vieux comme le monde... il n’empêche qu’au fil des jours, les évènements ont un effet dévastateur sur les victimes.

Magalie, jeune, jolie, pétillante se rappelle, « j’ai beaucoup souffert. Je n’arrivais plus à dormir. Je pleurais tout le temps. On était dans un stress permanent »

Sans parler de la honte ressentie, « je croyais que quelque part, c’était ma faute, que c’était moi qui lui avait permis d’aller si loin... »

Aujourd’hui, Magalie repense à cela comme à un « mauvais film », qu’elle raconte aux femmes qu’elle croise dès qu’elle le peut, « j’en parlerai aussi à mes filles quand elles seront en âge de comprendre »

Elle a aussi choisi de nous raconter son histoire. Pas parce que c’est la journée internationale de la femme.

Mais juste pour « que celles à qui ça arrive sachent qu’elles ont des droits, qu’il faut se battre, ne pas se laisser faire.

Il ne faut jamais laisser un homme se sentir supérieur à une femme »

Aujourd’hui, le formateur en question a quitté la structure ariégeoise grâce aux témoignages concordants que 6 femmes au moins ont apporté. Celles-ci n’ont néanmoins pas porté plainte.

Une enquête de police a bien eu lieu. Quant à savoir si l’auteur des actes a été poursuivi en justice ou pas, le parquet de Foix ne veut pour le moment rien en dire.

Voir en ligne : Source : Ariegenews.com

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