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Années 70 : le début d’un travail spécifique sur la question des femmes

C’est au début des années soixante-dix que débute une réflexion spécifique de la CFDT sur la question des femmes dans le monde du travail et plus globalement dans la société.

Dès février 1971, le bureau national encourage la constitution de commissions de travailleuses mandatées par leurs structures pour :

- leur permettre d’appréhender la dimension collective de ce qu’elles perçoivent généralement comme des problèmes individuels ;
- que les structures syndicales intègrent effectivement la lutte pour la libération des femmes dans leur stratégie et leur action quotidienne.

Sous l’impulsion de la secrétaire nationale Jeannette Laot, le bureau national valide deux ans plus tard, en 1973, l’adhésion de l’organisation syndicale au MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception) : c’est un véritable tournant idéologique pour la CFDT qui, rappelons-le, était encore quinze ans avant une organisation catholique (la CFTC).

Le 37ème congrès CFDT de 1976 adopte par la suite une résolution contenant des textes de lutte contre les discriminations : “Chaque femme doit avoir la possibilité de travailler et d’assurer une base économique à son indépendance sans aucune discrimination légale ou de fait (...)” et instituant au sein de l’organisation syndicale une commission confédérale de reflexion et d’action sur les problèmes des travailleuses. Cette commission, à l’origine de nombreuses orientations prises par la CFDT sur le sujet, existe toujours aujourd’hui sous l’appellation de Commission Confédérale Femmes (CCF). En 1979, la CFDT publie un ouvrage qui est le premier de l’organisation syndicale sur le thème de l’égalité professionnelle : Travailleuses : Combat pour une libération .

Les premières lignes de l’ouvrage - l’édito - sont écrites par Jeannette Laot, toujours secrétaire nationale CFDT à cette époque : « Au cours de plus de quinze années d’action et de réflexion sur les causes de la surexploitation des travailleuses, la CFDT a élaboré une politique revendicative originale liant étroitement lutte des classes et libération des femmes. Elle est la seule susceptible d’aboutir à la suppression des inégalités et des discriminations que subissent les travailleuses dans et hors de l’entreprise ».

Ce qui frappe, à la lecture de cet ouvrage de 150 pages, c’est son incroyable actualité. Il suffirait de mettre à jour quelques chiffres pour pouvoir l’éditer en librairie en 2009. Les titres de chapitre sont éloquents : on y trouve entre autres « nature féminine ou condition culturelle ? », « les conséquences de la double journée sur l’organisation du travail » ou encore « des obstacles liés à la conception de la famille ».

Ce document montre que la CFDT a été active sur ce thème dès l’entrée massive des femmes sur le marché du travail au cours des années 70, même s’il n’est pas question à cette époque de harcèlement sexuel ou de violences sexuelles ou sexistes.
En 1982, sous l’impulsion de la Commission travailleuses, la CFDT adopte des quotas pour rendre obligatoire la présence de plusieurs femmes dans ses instances confédérales . Un combat qui reste d’actualité en 2008 puisque la lettre de mission de la CCF en 2007 demande – au-delà de ses missions récurrentes - de mener une réflexion spécifique sur la place des femmes dans les structures CFDT et la mixité des responsables.

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