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2009 : Harcèlement sexuel : l’ex-chef de service devant les juges

Source : L’Est Eclair du 22 avril 2009

« Dès que je suis arrivée, il m’a dit que j’étais tout à fait son genre de femmes. Je lui ai dit que je n’étais pas d’accord, mais il a continué », confie au bord des larmes, la voix faible et tremblante, l’ex-caissière de la piscine municipale des Chartreux, femme menue et élégante, avant d’ajouter : « Le soir, quand je faisais les comptes, j’étais assise. Il me caressait… les cuisses. Je serrais les jambes pour qu’il n’aille pas plus haut… Il essayait aussi de m’embrasser sur la bouche et il me disait qu’il m’aurait. » Elle était arrivée à la piscine en septembre 2005 et le harcèlement sexuel et moral qu’elle reproche à celui qui était alors son chef de service, aurait débuté en octobre et se serait prolongé jusqu’en juin 2006, date à laquelle elle a déposé plainte, après avoir dénoncé la situation au directeur de la piscine puis au directeur des services municipaux. Le chef a alors été mis sur la touche et elle a depuis été nommée dans un autre secteur municipal. « Pourquoi n’avez-vous pas déposé plainte plus tôt ? », demande la présidente. L’employée reconnaît ne pas avoir osé en parler à son mari, ne pas avoir voulu « déranger » ses autres supérieurs hiérarchiques, avoir espéré jusqu’au bout que son chef de service stopperait de lui-même ce qu’elle a vécu comme un véritable cauchemar. Jusqu’au jour où la coupe a débordé parce qu’au harcèlement sexuel se serait ajouté le harcèlement moral.

« Plaisanteries »

Le prévenu aurait eu la réputation d’être « un homme à femmes » et quelques autres caissières ont confirmé avoir subi « gestes et propos déplacés » mais avoir eu « assez de caractère pour y mettre fin ». L’ex-chef de service conteste. S’il reconnaît quelques « mains sur les genoux » et des mots grivois, il ne s’agissait, assure-t-il, que « de plaisanteries ». « Mais même pour plaisanter, on ne met pas la main sur le genou d’une salariée si elle n’est pas d’accord », rétorque la présidente. Que la caissière lui ait clairement signifié son désaccord, il l’admet tout comme avoir néanmoins continué « ses plaisanteries, mais sans méchanceté ». Pour Me Richard, conseil de la partie civile, comme pour la représentante du ministère public, les faits sont avérés. Le chef de service a abusé de sa position hiérarchique pour se permettre des fantaisies avec une de ses subordonnées, particulièrement fragile : « Elle a été victime d’un viol pendant sa jeunesse et elle est désormais très crispée sur les sujets qui touchent à la sexualité », a précisé Me Richard. Une peine de quatre mois de prison avec sursis a été requise. Me Drouilly, en défense, a plaidé la relaxe en considérant que la caissière, « femme fragilisée et bloquée par la sexualité, avait démesurément amplifié le comportement de son chef de service ». Il a conclu en rappelant la grave maladie dont souffre actuellement le prévenu. Comme très souvent, l’audience correctionnelle s’est poursuivie en nocturne. À l’heure où nous bouclions notre édition, le jugement n’était pas rendu. Nous le publierons demain.

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